Tamagotchi sans abris

Il s’agit d’une expérience interactive, sociale et critique.

Imaginez-vous dans une gare, celle d’une grande ville prospère comme Genève. Des gens pointent leurs téléphones vers un objet au sol, une gamelle pour chien par exemple. À travers leurs écrans on peut voir une petite créature mignonne “faire sa vie” à proximité de l’objet. Il apparait sur tous les écrans et il est possible pour les utilisateurs d’interagir avec ce petit être virtuel qui semble n’appartenir à personne, mais dont tout le monde peut s’occuper et se sentir responsable. En effet, les gens comprennent rapidement que si personne n’en prend soin, il finira tout simplement par “mourir”.

Imaginons donc que pendant un certain temps des gens s’organisent pour maintenir ce personnage en vie en considérant que chaque élément offert (nourriture, couverture, décoration, etc.) a un coût en argent réel. Mais du jour au lendemain, la créature disparait alors que tous ces besoins étaient comblés. Les jours passent et les personnes les plus impliquées finissent par acheter des cierges virtuels ou continuent simplement de mettre de la nourriture, tout aussi invisible à l’œil nu, dans la gamelle en espérant le retour de la petite créature.

Cette dernière ne réapparaitra jamais. Mais d’autres créatures voient le jour un peu partout en ville non loin de lieux iconiques ou de sculptures existantes. Dans un monde qui ressemble à celui de la série Black Mirrors, ces créatures se révèlent être en vérité les avatars de mendiants connectés.